Ton agenda du week-end : 19-21 janvier

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Imagine lundi c'est l'apocalypse. Alors tu vas vivre chaque seconde de ce weekend comme si c'était le dernier (palapapaaa). Alors que des angoisses s'emparent de toi, tu souffles un grand coup : quitte à passer l'arme à gauche sous peu, autant engranger un maaaaximum de savoir, histoire de marcher vers la lumière blanche avec le sentiment d'avoir eu une vie intellectuelle très très riche. Ouais, rien ne sert de tout plaquer pour aller aux Caraïbes, on n'a pas le temps alors autant vivre chaque chose plus intensément.
Vendredi 19
BON. Comme c'est quand même un poil flippant de se dire que tout ça, lundi, c'est fini, on va aller apaiser nos peurs avec deux-trois cocktails dans le meilleur des bars. Il se trouve qu'en plus, c'est la Paris Cocktail week, et ça, ça signifie que le breuvage IPKISS où s'enlacent tendrement Nikka Coffey Gin, jus de melon d'hiver, jus de citron vert, miel de matcha et pétales de camomille, passe de 12 à 8€. À ce prix-là, on s'en prend trois dont on savoure chaque gorgée, parce qu'on ne sait pas de quoi l'avenir sera fait.
"Votre dernière soirée ?" Wow, il faut s'y préparer à cette question. Askip', c'est la première qu'on te posera une fois que *couic* tu feras tes premiers pas dans l'au-delà. Un poil dédaigneux, tu souffleras sur ta mèche et tu diras "Mofo, un festival bipolaire". Ouais, toi tu écoutes aussi bien de l'électro nigérienne que du jazz minimaliste, du rock cosmique et de la techno punk, et ça a de quoi fermer son caquet au fonctionnaire blasé qui t'accueilleras dans ta vie d'après.
Samedi 20
D'habitude, chez Muscovado, on met une plombe à trancher entre tous les délices de ce temple du petit déj mais vu que l'heure tourne, on commande TOUT. Oui au scones, au granola, oui au pancakes, oui au grilled cheese sandwich et au banana bread avec son dulce de lecce, oui à l'avocado toast, aux œufs pochés et oui au breakfast burrito évidemment. Il faut qu'on sorte de là, le menton en l'air et avec dans nos cœurs le souvenir d'un festin matinal qui rendrait fier tous les amis du petit-déjeuner.
Pour Pascal (on a dit que ce weekend c'était culture les gars), on se divertit pour faire taire notre peur de la mort. Et bah on va pas te contredire mec, ça nous rend pas jojo tout ça alors on fuit. Et quelle fuite ! Jean-Claude Galotta sublime les figures féminines du rock et les fait groover sur du Tina Turner autant que sur du Patti Smith et Aretha Franklin. Et nous on aime ça.
Elle est pas dégueu, l'idée de s'envoyer une dernière demi-douzaines d'huitres avec un verre de vin blanc, comme pour célébrer nos existences, la tienne, la notre et celles de tout le squad. Oh et puis un petit ceviche et deux trois crevettes ne feront pas de mal, on le mérite largement.
Se retrancher dans les livres afin d'accepter notre finitude, c'est bien là l'attitude d'un philosophe. Il est l'heure d'embrasser les romans comme jamais, comme une dernière étreinte nocturne avant des au-revoir difficiles. Et on gambade de-ci, de-là, de bibliothèques en projections, de Christophe Honoré à Aimé Césaire, comme si de rien n'était.
Dimanche 21
Le choc et le déni, c'était vendredi et samedi. Dans les étapes du deuil, tu en es à la colère et on va aller extérioriser tout ça fissa avec un cours de FUN-boxe. D'habitude, ce sport de combat, on l'assimile à du sang, de la sueur et des larmes mais toutes nos certitudes viennent de voler en éclat : désormais, la boxe c'est rigolo. Parce que tu frappes, tu donnes des coups de pieds et ça détend donc tu glousses. Hop, envolée, toute ta rage !
Pour cette dernière célébration de l'Épiphanie, pour l'année ou pour l'éternité, on dévore avec une réelle intensité un millefeuille des rois, histoire de marquer le coup. Deux couches de pâte feuilletée, une crème aux amandes de Faro et roulez jeunesse.
Ouuuh, la belle métaphore. Cette expo vit ses derniers jours et peut-être que nous aussi. Ça nous fait un vrai beau point commun. Ça et le fait que ces distributeurs automatiques déposés au beau milieu de nulle part nous renvoient à notre propre solitude. Comme un phare dans la nuit, ils guident les voyageurs en mal de Coca-Cola. Simplement beau et touchant. Tout de suite, ça va mieux.
Voilà, c'est fini. On va pas s'dire au revoir comme sur le quai d'une gare, on va aller ravir nos palais comme jamais, en invitant la crème de la crème de nos potos. Il est l'heure de se jeter à l'eau avec des plats dingo et des quilles enivrantes comme seules bouées. Si on s'écoutait, on commanderait dix assiettes de pommes de terre soufflées en bâtonnets à tremper compulsivement dans une sauce hollandaise, avec dans le gosier un Gamey de Bourgogne. MAIS OUAIS ON VA S'ÉCOUTER EN FAIT. Et peut-être que demain, tout ça, ça continue.
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