Les expos de la semaine : 25-31 mars

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La der des der. On l'avait pas vu venir, on s'était habitué à ce petit rencard hebdomadaire, le seul dont on ressortait pas en préférant rester seul jusqu'à la fin de ses jours, celui qui ne nous aura jamais fait pleurer un bon coup, hormis une fois.

Et cette fois, c'est cette fois-ci.
Celle-là, on l’attendait avec une certaine impatience. Alors que Beyrouth continue encore de faire ronronner la machine à fantasmes malgré sa lente décrépitude (spéculation immobilière, crise des déchets, exploitation des domestiques de maison…), l’Institut des Cultures d’Islam propose un autre portrait de la ville à travers le regard de seize artistes émergents ou reconnus de la scène libanaise.

Larmes à prévoir.
Dans mon slip, il y a des cactus, comme disait la chanson. Et à la galerie Madé, il y en a une ribambelle, ceux de Marguerite Bornhauser, que l’on retrouve à travers une série de photos à faire plisser les yeux tant les couleurs sont vives, les lignes franches.

A peine 30 ans au compteur, et Marguerite a déjà un CV plus décoré qu’un haut gradé de l’armée. Ses photos ont déjà un petit tour du monde, sont passées par les plus grands festivals du genre, et on a comme l’impression qu’elle ne soit pas prête de s’arrêter.
Dans le mille Emil. A l’époque où il amassait des tableaux de futurs maîtres dans le fond de sa chambrette, Emil Bürhle ne se doutait pas qu’il aurait un jour en sa possession l’une des plus grandes collections de peintres français au monde.

Sans vouloir tomber dans le name dropping, il y a longtemps qu’on ne s’était pas fait alpagué par un tel casting : Manet, Monet, Pissarro, Degas, Renoir, Sisley, Cézanne, Gauguin, Van Gogh, Toulouse-Lautrec, sans oublier Bonnard, Vuillard, les Fauves et les Cubistes Braque, Derain et Vlaminck), pour finir avec Modigliani… et Picasso.
Après une expo des plus enthousiasmantes sur l’art brut nippon, la Halle Saint-Pierre s’en va voir du côté de Chicago, ville tentaculaire ayant été un véritable foyer de création en la matière à une époque où la plupart d’entre nous n’étaient sans doute pas nés. A l’heure où New York faisait sa maline, l’essentiel se passait en réalité… au fin fond du Midwest (enfin presque).

Au total, dix artistes mis à l’honneur, dont le fabuleux Henry Darger et ses grandes toiles très limites sur le rapport entre l’homme et l’enfant (le trouble est palpable dans les allées), les superbes dessins d’animaux animés de William Dawson, les sculptures barrés de Mr Imagination… Un bel aperçu, qui donne envie de se pencher un peu plus avant sur la question.
Que celui qui n’a jamais eu envie de foutre le feu à une pile de papier gratté nous jette la première allumette. A l’occasion du Drawing Now Art Fair (faudra penser à y faire un tour, maintenant qu’on y pense), Mircea Cantor ne se fera pas prier pour embraser un beau dessin à la mèche de dynamite.

Une performance qui peut sembler un brin excessive, mais qui rappelle à ceux qui auraient tendance à l’oublier qu’une œuvre peut aussi s’apprécier à chaud, une fois, maintenant, et plus jamais.
Au secours, derniers jours !
Faudrait pas se reposer sur nos déchets nucléaires. Au risque de passer pour des pourvoyeurs de montées d’angoisse et descentes d’organisme, on ne saurait que trop recommander cette expo fomentée par le Frac IDF, et passée sous nos radars au cours des dernières semaines. Pourtant, cette série d’installations autour d’un paradis perdu laisse littéralement fébrile.

Dernier jour ? Le 14 avril !
Si on se penche sur le sujet, on constate que les expos à imaginer autour de l’œuvre de Robert se comptent sur les Doisneau de la main. En voilà donc une qu’on ne nous avait pas encore faite : la musique.

Un peu à contre-temps du calendrier estival des bals et autres flonflons des bords de Seine, c’est à l’approche de l’hiver que la Philarmonie nous propose une charmante petite balade (sur un air de Moriarty) au milieu d’une centaines de photos de joie populaire endimanchée, de scènes de cabaret-jazz, de stars montantes de l’époque - avec un formidable cliché des Rita Mitsouko. Bob a beau être devenu une source d’inspiration inépuisable pour les magnets de frigo, on se fait encore avoir à tous les coups.

Dernier jour ? Le 8 avril !
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