Les expos de la semaine : 20-26 novembre

Mettre en favoris
L’hiver arrive, la lumière tombe même les regards se font plus sombres mais nous, NOUS, nous allons te guider vers l’illumination. On ne te demande pas d’argent ni de porter cette pipe à ta bouche pour y consommer l’herbe magique mais simplement de nous suivre sur un sentier prodigieux d’où ton âme sortira élevée.

Un sentier sinuant entre Ukraine communiste, Chicago noir, désert Californien (avec supplément de montagne imaginaire) et rive droite imaginaire (avec supplément d’angoisse totale). Ça commence ici et ça finit où tu le souhaites.
Toi qui te reprochais récemment de ne pas aller assez dans le 92 (mais si, souviens-toi), viens de trouver une bonne raison de t’y rendre : L'Expérience de la couleur. Ouvre bien grand tes sens et tes shakras (ça ne fait pas mal). Cette expo collective aborde la question de la perception de la couleur - plaisir, symbole, véhicule - chez les grands céramistes contemporains. Une expo haute en couleur (hohoho).
QUESTION : cite-nous un grand artiste soviétique, à la carrière gigantesque et houleuse ? Un indice ? Il est né en 1933 et a été tour-à-tour dessinateur de livres pour enfants / peintre officiel du système communiste / et enfin GRAND artiste conceptuel contemporain, axant son travail sur la chute des empires, soviétique comme capitaliste. C'est Ilya Kabakov - et ces jours-ci il expose des nouvelles peintures réalisées à quatre mains avec son épouse très “Caravage des 50’s”.
La lauréate du Turner Prize 2013, Laure Prouvost, présente à la Galerie Nathalie Obadia, une série de sculptures/installations féroces : des “metal men” ou “metal women", silhouettes en bâtons dont la tête est un écran LCD diffusant en boucle textes et images aux brouhaha saturés. Un cauchemar effleurant diverses esthétiques du voyeurisme.
Exploration du rapport entre nature et artificiel, le travail de Noémie Goudal est pour le moins énigmatique. Série photo et installations in situ où des architectures solitaires flottent dans le désert californien en noir & blanc, “Telluris” questionne la relation entre un paysage physique et sa construction mentale. Minimaliste et intemporel.
Comment est-ce que, visuellement, pourrait-on figurer le concept de temps ? La question est intéressante n’est-ce pas ? Et si elle n’est pas neuve, l’artiste japonais Hiroshi Sugimoto s’emploie à y répondre via ses photos en noir & blanc depuis plusieurs décennies. C’est d’ailleurs ce que l’on voit dans “Surface Tension” où l’artiste présente une série de clichés fixes de mers aux structures identiques et posant finalement cette question : “que reste t-il de mes œuvres dans l’esprit du spectateur après le passage du temps” ?
En parallèle de la rétro Stephen Shames à la Maison Robert Doisneau, tu serais bien inspiré(e) de passer à la galerie Les Douches. Pourquoi ? Parce que tu y trouveras une expo collective de sept photographes portant sept regards différents et singuliers sur la communauté noir-américaine des 40’s à nos jours. Un quasi-reportage tant l’ensemble détient une précieuse valeur documentaire.
Alain Bublex présente ici ses visions dystopiques du Plan Voisin, ce projet qui prévoyait un temps d’implanter une soixantaine de gratte-ciels rive droite. Entre ses collages d’une ville imaginaire/imaginée (et certaines ont une vraie vibe Blade Runner) et curation d’œuvres incarnant cette idée de “Contre-allées”, on assiste ici à une présentation asphyxiante, chaotique et (souvent) inhumaine d’une ville vendue aux marques.
Si jamais tu t’inquiétais de la joaillerie à venir, on a ici quelque chose pour toi. “Bring it On” fait souffler un grand vent frais danois sur le bijoux en présentant les créateurs les plus conceptuels du pays à l’heure actuelle. Entre savoir-faire intemporel et expérimentations féroces, ces joailliers s’amusent et se jouent des codes et des formes, et réinventent le genre et ses usages.
Projet entamé en 1970 par l’Italien Piero Livio, “Dustmuseum” présente des assemblages/sculptures formés de collecte de rebuts divers, redonnant une nouvelle vie, une nouvelle fonction / signification à des objets abandonnés. Divisé en cinq typologies composant sa propre personnalité - l’artiste, le scientifique, le collectionneur, le dramaturge et l’antiquaire – le “Dustmuseum” expose le “théâtre intime” du plasticien.
Rétro bien appuyée sur des repères historiques, "Photographisme" relate via une centaine de photos et documents inédits, presque sept décennies de relation photo / arts graphiques, abordant aussi bien le photomontage que l’abstraction formelle ou les photogrammes des publicités, affiches, couvertures et pochettes du XXème siècle.
Fait avec amour. Copyright Dojo 2016. Tous droits réservés