Les expos de la semaine : 18-24 mars

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C’est le moment de se poser les bonnes questions : “le printemps arrive, est-ce que je vais aller me coffrer dans une galerie ou un musée tandis que tout le monde se roule dans les hautes herbes ?” Cette question tout le monde se la pose.

Et si on ne peut pas lutter contre le soleil ni les beaux jours, sache que nous, on cherche à te faire bronzer l’âme, à te procurer de la grosse vitamine D pour l’intellect. Alors n'hésites plus et fonce voir un best-of des trente dernières années de photo française à la MEP ou alors un best-of des trente années à venir en photo mondiale au 104 avec Circulation(s). C'est du win-win, tu es gagnant dans tous les cas.
Broomberg & Chanarin est un (brillant) duo d’artistes. Brillant au point d’être présenté ces jours-ci dans la galerie photo de Pompidou avec son installation monumentale (et fameuse) : “Divine violence ”. Composée de cinquante-sept cadres correspondant chacun à un chapitre de la Bible, l’installation repose sur un concept fort et simple : faire dialoguer violence exprimée dans le Livre et celle du monde par ses images (9/11 etc.).
Crois-le ou non mais il existe encore des choses de Sottsass à découvrir. Preuve en est avec cette collection d’objets en émail de la fin des 50’s, bluffants chefs-d’œuvre, méprisés en leur temps (va comprendre). De la vaisselle, des chandeliers et autre, tout portant la marque élégante, vive, érudite, simple mais bavarde d’Ettore Sottsass (et par extension celle de Memphis). Beau moment.
Au CWB, ces jours-ci, tu peux voir deux décennies d’Art BUL. Autrement dit, une sélection de dessins, gravures, photographies extraits du Daily Bul, cette revue belge autoéditée des 60’s s’inscrivant dans le prolongement du mouvement Cobra (et un peu du surréalisme belge). C’est rigolo et c’est l’occasion de voir des choses moins courantes d’artistes comme Alechinsky, Spoerri, POL ou Topor. Reste encore à expliquer le titre de cette expo.
Si on devait résumer le travail de Yan Pei-Ming avec une petite astuce (pourquoi s’en priver ?), on dirait qu’il “utilise le figuratif pour défigurer”. Célèbre pour ses portraits géants (notamment celui de Mao) quasi monochromiques, Pei-Ming pratique une peinture très physique, à la gestuelle violente et dont la vigueur de la touche est un outil critique autant qu’une exploration de la personnalité de ses modèles. Cela dit, “Dating”, c’est la direction opposée : une série de petits formats, en couleur, et à la charge érotique plus frappante que jamais.
Comme il n’y a pas de gâteau assez gros pour accueillir autant de bougies, le Musée du Luxembourg a préféré une grosse expo pour célébrer le 500e anniversaire de la naissance du Tintoret. Une excellente initiative, étant donné que cette présentation se concentre sur les quinze premières années de la carrière du chouchou de la Renaissance vénitienne. L’occasion d’assister à son éclosion esthétique et voir sa virtuosité prendre forme.
Jean-Luc Monterosso fondateur de la MEP quitte l’endroit et laisse sa place à Simon Baker (ancien photo curator de la Tate). Et comme gros cadeau d’adieu, Jean-Luc Monterosso te propose de plonger dans 30 ans de création photo française sélectionnée par ses soins. Salgado, Rheims, Depardon, Pierre & Gilles, Sarah Moon ou Alain Fleischer… Une dream team de la photo d’ici, par l'un de ses plus grands bienfaiteurs.
Ça y est. En plein Marais, à quelques pas de Beaubourg, la fondation pour l’art contemporain des galeries Lafayette (sobrement nommée Lafayette Anticipations) vient enfin d’ouvrir ses portes au public. L’occasion d’aller humer de près le travail de l’archi star Rem Koolhaas (auteur de la Fondation Prada à Milan) et de flâner dans la première expo du lieu consacrée à Lutz Bacher, artiste US très activiste et préoccupée par les questions identitaires et sexuelles.
Haut lieu - si ce n’est LE PLUS haut lieu – français pour découvrir la création photo européenne en devenir (avec Hyères, c’est vrai), le festival Circulation(s) est un IMMANQUABLE parisien pour les amateurs de photo. D’ailleurs ça ne t’a pas échappé, chaque année le succès grossit à vue d'œil, et ça devient l'un des plus grands rendez-vous artistiques d’Europe. À ne pas rater cette année : Viacheslav Poliakov, véritable coup de foudre graphique ukrainien et l’esthétique néo-dada de Camille Lévêque et son travail passionnant sur la mémoire.
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