Les expos de la semaine : 17-23 septembre

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Il s'agirait d'arrêter de faire semblant. Même en étant aussi rapide qu'une autruche moyenne, t'auras du mal à tout faire, à tout entendre, à tout goûter, à tout couvrir, courant le risque de t'irriter franchement les coussinets. Alors on va procéder par étape. D'abord au petit trot. Deux-trois galeries, un blockbuster, quelques inconnus au bataillon…

Le secret, c'est de pas s'arrêter, même une fois au sol.
Parce qu'il n'y pas qu'à Hollywood qu'on faisait mu-muse, la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé entend remettre en haut de l'affiche toutes une flopées de jeunes premières et autres divas françaises ayant fait sacrément chauffer les joues (et le reste) de réalisateurs et metteurs en scène emblématiques des débuts du cinéma parlant.

Une galerie de portraits émouvante, sorte d'instantané d'une époque bel(le) et bien révolue.
On a d'abord cru au doublon. On a failli écrire aux autorités muséales pour leur demander de mieux accorder leurs petits violons. Et puis non : on nous a répondu que vaille que vaille, rien à secouer, on usera Giacometti jusqu'à la corde, jusqu'à ce que tous les angles possibles et inimaginables aient été siphonnés et morts au champ de bataille.

Et des morts, il y en aura, puisqu'ici l'enjeu consiste à mettre 50 sculptures du maître en regards de chefs d'œuvres burinés par ses compagnons de fortune.
Autant se rendre à l'évidence, même en étant plutôt dans le camp des biens lotis de la beauté, y'aura toujours quelqu'un pour nous faire ressembler à un Quasimodo sans goût ni grâce, et il en est de même dans l'artisanat.

Car si la France se défend plutôt bien avec sa porcelaine et ses (crêpes) dentelles, faut bien avouer que le Japon fait littéralement exploser le compteur, à en juger par ces trois ateliers mis à l'honneur à l'espace Densan.
Pour ceux qui rongent déjà leur petits freins en attendant l'expo Miro du Grand Palais (et les agoraphobes poussant des cris d'orfraies à la moindre cohue), voilà un amuse bouche on ne peut plus approprié, sorte de coup de projecteur sur les vingt années les plus prolifiques du regretté Catalan.

Une sélection d'œuvres sur papier aux lignes émouvantes, presque enfantines, des titres toujours très évasifs, voire inexistants…
Elad Lassry a beau être un sacré drôle d'oiseau, on ne voit vraiment pas pourquoi son œuvre devrait toujours être noyée sous un flot d'explications imbitables. Pourtant l'Isarélien n'en demande pas tant. Car son petit twist consiste "simplement" à constituer une banque d'images qu'il prendra ensuite un malin plaisir à faire dévier de leur trajectoire. Pub, manuel, affiche, tout est prétexte à la parodie et au détournement.

Drôle, pop, pétillant, et c'est tout ce qu'on lui demande ! Vernissage le 19 septembre.
C'est avec un charme tout anglo-saxon que Le Centre Culturel Irlandais profite d'une semaine consacrée au digital et à la réalité virtuelle pour inviter quinze artistes ayant suivi cette course folle du 20ème siècle vers une absence quasi-totale d'intimité et de mystère. Caméras de surveillance détournée de Teresa Dillon, cliché d'un homme dans l'entrebaillement de la porte signé Declan Clarke, Facebook troublant de de Colin Martin… Flippant, en tous points.
Sans être particulièrement sensible aux histoires de piafs, on ne peut s'empêcher de battre de l'aile et de mouiller des cils face à la vivacité des couleurs et la finesse du coup de pinceau de ce Royaume coloré des êtres vivants. On se damnerait pour avoir une chance de caresser le magnifique Vieux Pin et Paon, sorte de version beaucoup plus engageante de ce que devrait être le monde si l'on vivait dans un pot de peinture.
Au secours, derniers jours !
Dans les années 70, il escalade des bâtiments en friche du Bronx pour y réaliser des œuvres in situ où il démantèle les lieux. Tout son travail : de la gravure aux nombreuses séries de photos, ainsi que des films sont actuellement présentés au Jeu de Paume dans l’expo Anarchitecte. Tu ne verras plus les cascadeurs urbex de la même façon.

Le 23 septembre, ce sera fini !
Avec Bouchra Khalili, place à une mise en avant des récits de vie et autres histoires de résistance au colonialisme et au libéralisme - à l'image de ce pêcheur philippin qui assiste impuissant aux ravages des multinationales. Films, installations vidéo, photos, sérigraphies, sa première rétrospective se transforme en passionnant cours de géopolitique, le côté ronflant en moins.

Le 23 septembre, ce sera fini !
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