Les expos de la semaine : 16 - 22 juillet

Mettre en favoris
C’est le désert de Gobi. L’hécatombe. Le début des em… L’art se meurt (un peu). Personne ne pense à ceux qui doivent débusquer chaque semaine une flopée d’expos, faire vibrer une foule de lecteurs en délire, assumer l’immense responsabilité de ces longues queues qui s’agglutinent aux portes des musées. Personne. Mais on lâchera pas. On trouvera toujours. L’été devra nous passer sur le corps.
Ça peut paraître un peu c…, mais se retrouver nez à nez avec une sélection aussi dense et pointue de matière extraterrestre donne le vertige, voire même les larmes aux yeux.

Côté commissariat, chapeau, la partie purement scientifique n’étant en rien rasoir, et contrebalancée par quelques anecdotes sur les malheureux ayant été au mauvais endroit au mauvais moment (mourir écrasé par une météorite restant indubitablement la mort la plus élégante jamais inventée à ce jour).
Sculpteurs malgaches de père en fils, les Efiaimbelos restent aujourd’hui les seuls détenteurs d’une technique artistique unique au monde, à savoir la confection des aloalo, longues tige de bois surmontées d’un petit plateau reproduisant des scènes du quotidien.

Et quand on sait que l’aloalo est le plus souvent un hommage funéraire, on se dit que l'occident a vraiment raté le coche de la gaieté en matière de décès.
A tous ceux qui honnissent la SNCF, c'est le moment de prendre son mal en patience et de découvrir d’immenses tirages noirs et blancs signés Batia Suter, savamment disposés sur le quai de la Gare Montparnasse.

Beaucoup de flore et un soupçon de faune, rien de prétentieux, mais des images qui ont le mérite de nous rappeler à quel point le végétal pourrait s’inscrire autrement dans le milieu urbain. Ca donnerait presque envie de pas sauter dans le train.
Le MAC VAL fait le pari difficile de concilier politique, architecture et social à travers l’œuvre du petit chouchou de l’art contemporain : Kader Attia.

Le projet est ici plus intimiste, en lien avec une enfance passée dans un bled paumé du 9-3. Un immeuble en sucre qui s’écroule sous un liquide noir, des photos de friches où la nature a repris son droit de cuissage sur le béton… On est content de voir du Kader ailleurs qu’au milieu d’une forêt de snobarties.
On sous-estime souvent le pouvoir hypnotique d’une bonne grosse vague. Sensation de n’être qu’une vermine face à l’immensité aquatique, angoisse de la répétition… Peu de noms connus parmi les 16 artistes sélectionnés, hormis une tête de gondole occupée par Anselm Kiefer.

Si c’est en priorité pour lui qu’on vogue jusqu’à Pantin, ce sont curieusement les petites barques dorées de Wolgang Laib et les coulées blanches de Pat Steir qui nous mettent sans dessus dessous.
Parmi les jeux les plus casse-gueules de leur génération, Pierre feuille ciseaux occupe une place de choix.

Responsable de l’issue désastreuse d’un nombre incalculable de choix cornéliens réglés en trois coups de cuillère à pot, on est ici avec la brésilienne Ana Mazzei dans quelque chose de bien plus profond, à savoir la notion d’aléatoire, d’enchaînements et d’imbrications d’objets sans logique apparente. Sorte de F*** rudement polis aux magazines décos.

Au secours, derniers jours
Le Quai Branly a décidé de se faire une frayeur en activant le mode descente aux enfers. Le musée ouvre ses portes aux fantômes, esprits maléfiques et autres zombies en parcourant l’imaginaire culturel asiatique.

Peintures bouddhiques, estampes d’Hokusai, manga, BD, cinéma, théâtre… Tu risques de tomber sur des femmes-chats, vampires sauteurs et autre Pac-Man.
Tu baves parfois devant certaines de ses créations (admets-le). Mais tu ne sais pas bien qui est Martin Margiela. De l’absence totale d’interview au port du masque de ses mannequins, chez Mamar, l’anonymat, c’est une philosophie.

Voilà une expo qui retrace l’influence du designer belge sur la scène actuelle en passant en revue ses fondamentaux, de la construction du vêtement par sa déconstruction à sa passion pour l’oversize en passant par la récup'. Et c'est bientôt fini. Alors vite !
Fait avec amour. Copyright Dojo 2016. Tous droits réservés