Les expos de la semaine : 15-21 octobre

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On a tous un peu honte de notre rapport à l'art. Il y a les fronceurs de sourcils. Les pique-assiette. Les voleurs de cartels. Les culs serrés. Les estomaqués. Les snobs. Les snobés. Les je-sais-tout. Les je-comprends-rien. Les viens-on-rentre. Les putain-c'est-interminable. Les minables. Les minés. Les minets. Et tous les autres qu'on ne citera pas ici.
Mais que va-t-on encore essayer de nous refourguer en matière de storytelling sur les comédies musicales ? Ne nous a-t-on pas déjà fait assez de mal avec Les Demoiselles de Rochefort, Singing in the Rain et tout récemment La La Land ? Doit-on encore se farcir toutes ces chansonnettes ultra-addictives qui restent en tête des jours durant sans parvenir à s'en défaire ? Les réponses sont, par ordre d'apparition : le meilleur ; non ; oui.
Il est temps d'en finir avec une vision éculée du conte, sorte de petite historiette gentille tout plein à destination de marmots innocents. Chez Paula Rego, artiste portugaise ayant passé son adolescence sous la coupe dictatoriale de Salazar, les contes se muent en d'inquiétantes représentations de la femme oppressée, vengeresse, prête à en découdre.

A travers de petites saynètes peintes en grand format, elle crée un univers inquiétant, sombre, peuplé de créatures à la limite de l'homme et de l'animal.
Voilà bientôt plus de 65 ans que le Centre Pompidou ne s'était pas fendu d'une petite rétrospective sur le cubisme. Comme le temps passe. Pour ceux qui n'y étaient pas, ce sera donc un joli baptême du feu que de découvrir les grands noms du mouvement qu'ont été Braque, Gris, Léger, Picasso et Duchamp, mais aussi toute une foule de cubistes de seconde zone non moins passionnants (voire plus, pour certains).
La nouvelle est tombée : pour sa onzième édition, le Château de Versailles recevra l'immense Sugimoto, qui investira le domaine du Trianon de plusieurs œuvres et installations aussi fascinantes qu'imbitables, telles que ce superbe belvédère censé "exposer un modèle mathématique qui exprime la fonction cubique de la géométrie non euclidienne taillé en utilisant les outils les plus précis de la technologie moderne."

Voilà pour l'ambiance.
Pour une petite remise à niveau des compteurs, soyons brefs : Grayson Perry est l'un des premiers à avoir saisi tout le potentiel de la céramique, qu'il recouvre de dessins, de textes manuscrits et de pochoirs, avec un cynisme very british, et un talent sans égal pour secouer avec frénésie notre vision de la masculinité.
Qui aurait pu croire que derrière le vicieux barbu que l'on accuse de tous les maux liés à la psyché moderne se cachait un véritable homme de goût ? Personne. Le Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme a donc décidé de lever le voile sur les dessous de Freud (pas au sens littéral, fort heureusement), en rassemblant tous les tableaux, objets, dessins et croquis qui ont inspiré et influencé de près ou de loin les écrits du padre de la psychanalyse.
Qui n'a jamais rêvé de verser une 'tite goutte de cyanure dans le bol de son voisin ? Qui n'a jamais frôlé l'attaque devant une odieuse couleuvre serpentant à travers champ ? Bien peu de monde.

Le Palais de la découverte l'a bien saisi, et s'est empressé de battre le fer en proposant une déambulation entre une vingtaine de superbes terrariums abritant des créatures aussi malfaisantes que le fameux Mamba noir (qui peut filer à 20km/h), une mygale velue tisseuse de soie et munie d'un bombardier, un batracien bleu capable de tuer sur le coup quiconque lui accolerait ses muqueuses (gloups).
Au secours, derniers jours !
“Un petit dernier pour la route ?“. On connaît tous ce traquenard qui consiste à prendre un dernier verre qui [SPOILER ALERT] ne sera évidemment pas le dernier, car 2h plus tard tu seras toujours là à danser comme un.e dingue au lieu de pioncer tranquille. Avant de claquer la porte, la Maison Rouge a voulu se faire plaisir et s’offre une dernière expo “pour la route“ avant de prendre son envol.

Dernier jour ? Le 28 octobre !
On est bien peu à connaître le musée Paul Belmondo, petit lieu discret caché dans les recoins boulonnais et érigé en l’honneur du sculpteur éponyme. Assez peu attractif pour le tout-venant le reste de l’année, on ne saurait passer à côté de cette toute première exposition d’art contemporain dédiée aux Germinations de Philippe Desloubières, fleurs de métal aux lignes arrondies assez fascinantes.

Dernier jour ? Le 4 novembre !
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