Les expos de la semaine : 14-20 janvier

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Si ton cœur balance langoureusement entre minimalisme chic et saturation pop... Si tu n'es ni gilet jaune, ni stylo rouge, ni gyro bleu mais que tu es quand même tenté par la révolution... Si tu es amateur de grands écarts esthétiques toute en souplesse mais que tu as un goût très sûr...

Alors ce programme d'expos tout en chauds et froids est fait pour toi. Prépare ton pull, ton bikini et ton chapeau d'aventurier, ça va déménager !
Cap sur la forêt amazonienne à la poursuite de l’explorateur Julien Bismuth et de ses dessins, à la rencontre des fauves gentils de l’artiste infiniment espagnole Pilar Albarracin !

On se perd dans les paysages mentaux de Lucie Picandet et dans les terres abrakiennes du duo de peintres iraniens Peyback, sous la surveillance de deux sculptures monumentales. Mieux vaut ne pas s’écarter du chemin, on pourrait y laisser des plumes.
Il y a 40 ans, l’Iran renversait le Shah (pas l’animal hein, le roi) et installait le régime des mollahs (et non pas des mollahs au régime). Hannah Darabi, photographe téhéranaise installée à Paris, s’intéresse à la propagande mise sur pattes pour déboulonner le pouvoir monarchique (paf les statues) et ancrer la république islamique (hop les turbans).

L’expo du Bal confronte livres d’époque, troublantes photos de famille et images de Téhéran aujourd’hui. Soit quatre décennies en un clin d’œil (ou presque).
Cette année notre regard se tourne du côté de Bucarest. Ce sera aussi l’occasion pour l’incontournable artiste Mircea Cantor d’investir le domaine parisien du Musée de la Chasse. Ce Vânătorul de imagini - ou chasseur d’images pour les non roumanophones - dissémine ses vidéos, ses ready-made montés à partir d’objets empruntés au Musée du Paysan roumain (oui ça existe).

Mention spéciale à la vidéo de l’aigle attaquant un drone (jouissif) et à celle qui montre une biche et un loup enfermés dans un white cube. N’est pas toujours chasseur qui croit !
Daniel Deleuze vient de ce qu’il y a de plus radical en matière de minimalisme des années 60 (adieu fleurs, hippies et bikini). Cofondateur du mouvement Supports/Surfaces, il n’a pas hésité à retourner la toile, à la déshabiller d'un coup sec pour embrasser le châssis et le taquiner du bout de son pinceau. Tout le monde suit ?

Mais l’artiste - aussi minimal - soit-il ne s’est pas limité à ça. Si sa peinture est la recherche du vide, ses dessins eux sont beaucoup plus pleins !
Oliver Beer est un garçon qui murmure à l’oreille des objets, mais surtout qui les écoute. Sensible à l’aura de ces choses du quotidien, dont l’importance peut largement dépasser leur fonction première, il les expose et s'emploie à faire entendre leur petite musique, ou plutôt la note que chacun d’entre eux peut émettre, micro à l’appui.

Complètement f(l)ou ? Pas si sûr. Présentés comme des œuvres d’art, toute cette quincaillerie prend vie, et certains bibelots en deviendraient presque iconiques.
C'est en se baladant au cœur de cet univers de lignes et de formes délicatement affutées du Brésilien Artur Lescher qu’on ressent ce qu’il peut y avoir de poétique dans les mathématiques.

À première vue, bienvenue chez super austère - genre intérieur design nordique dans son minimalisme le plus pur, donc très beau mais très froid. À seconde vue, une invitation au voyage astral en trois salles.
Pour résumer, Mr. produit une foule de dessins, peintures et sculptures aux couleurs survitaminées directement inspirés de l'univers manga.

Pas évident d’y voir la mélancolie du monsieur annoncée dans le titre, mais le côté urbain affleure dans l’approche street-art de certaines superpositions de dessins, tags et autres coups de crayons. Pour les amateurs de peinture flamande ou d’art minimal, ce sera l’indigestion assurée, mais pour les plus geeks dans la salle, le kiff sera pur et complet.
Au secours, derniers jours !
Etrange, ce sentiment d'avoir vu une photo des centaines de fois sans parvenir à mettre un nom dessus. Qui est cette Migrant Mother qui pourrait tout à fait être la même aujourd'hui ? Et surtout, qui était derrière l'objectif ? Encore un sale coup de notre mémoire de moule marinière. Ou d'un milieu artistique qui prenait soin d'évincer les femmes histoire de pas faire (trop) de remous.

Pourtant, l'œuvre immense de Dorothea Lange méritait bien une rétrospective au Jeu de Paume.

Dernier jour ? Le 28 janvier !
On a tous le droit d’avoir des aspirations de vieille anglaise - ne nies pas toi là-bas, aussi jeune et fringant sois-tu, t'as peut-être aussi un petit quelque chose de Dowton Abbey. On peut donc dans le même genre avoir envie de se réfugier dans un petit hôtel particulier so XVIIIème du Marais pour un moment feutré sur moquette douillette. Tableaux, vases précieux, bustes ployant sous leurs dorures, douces lettres échangées entre marchands merciers… S'embêtaient pas à l'époque.

Dernier jour ? Le 27 janvier !
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