Les expos de la semaine : 13-19 août

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En cette semaine sainte, on fuit comme la peste bubonique le chemin bien tracé de Saint Jacques de Compostelle et autres sentiers balisés vers tous ces lieux d’art contemporain remplis de touristes jusqu’au bord de la rondelle et on opte volontiers pour de petits recoins plus intimistes. Dire qu'à quelques semaines, on les aurait ratées dans la frénésie du mois de septembre.
C’est l’une des choses les plus frappantes de l’été en matière de photographie. Une série unique réunissant 150 clichés de Pascal Maître, grand ponte du photojournalisme. Alors qu’on s’attendait à une suite interminable de premières de couvertures déjà vues 100 fois au cours de nos lectures dominicales du National Geographic, le résultat est plutôt surprenant.

Quelque chose dans la couleur, dans la façon de décentrer les sujets, de “voir” l’Afghanistan, la Sibérie, la Colombie, le Congo-Zaïre, l’Iran et Afrique des grands lacs avec un petit twist qu’on ne retrouve pas toujours chez ses copains passés par l’Agence Gamma.
Drôle d’oiselle, cette Isabelle Mège. Peu connue du grand public, elle est pourtant à l’origine d’une performance qui mériterait qu’on s’y attarde. Plus de 20 ans à chercher des photographes susceptibles de faire ressortir chez elle le modèle féminin par excellence, alias “i”. Prétentieuse et un poil narcissique, la cocotte ? Oh que non. Le cas échéant, elle n’aurait pas gentiment remercié Sophie Calle et d’autres pointures pour leur préférer des noms plus confidentiels.
Un petit lifting sans botox ne fait jamais de mal aux vieilles rombières, même aux plus respectueuses. Fondé en 1939, le Studio Harcourt s’offre une petite cure de jouvencelle en deux temps. Déménagement dans un hôtel particulier de la rue de Lota - moins bling bling que les grandes heures de la rue d’Iéna - et mise à l’honneur de trombines flambant neuves issues de la nouvelle vague de talents français.
Il eût été difficile de se réveiller à l’automne en réalisant avoir manqué cette petite pépite de la photographie contemporaine. Et même s’il se réclame de Cartier-Bresson, Manet, Duras (!) et Le Clézio, on ne peut s’empêcher de voir en lui une version douce et gentille de Martin Parr. Son sujet ? Les vacances d’été, dans ce qu’elles ont de plus tendres et de plus nostalgiques.
On est bien peu à connaître le musée Paul Belmondo, petit lieu discret caché dans les recoins boulonnais et érigé en l’honneur du sculpteur éponyme. Assez peu attractif pour le tout-venant le reste de l’année, on ne saurait passer à côté de cette toute première exposition d’art contemporain dédiée aux Germinations de Philippe Desloubières, fleurs de métal aux lignes arrondies assez fascinantes.
Au secours, derniers jours
Avec 200 images d’archives, des photos, des programmes, des affiches ou des enregistrements c’est près d’un siècle de danseurs, de chorégraphes et de souvenirs qui est exposé à Chaillot jusqu'au 26 août. De Maurice Béjart à Angelin Preljocaj, tous les plus grands y ont présenté leurs plus belles œuvres. Avis aux amateurs de saut de biche et aux passionnés de ballet.
Pour célébrer les 20 ans du musée et les 70 ans de la création de l'État d'Israël, le photographe allemand a le droit à sa première rétrospective. On va pouvoir se la jouer physio avec le travail d'Helmar Lerski, pro des portraits décédé en 1956 et figure de l'avant-garde dans le Berlin des années 20 et 30. Plus de 200 portraits sont exposés, majoritairement des gros plans, pour un travail impressionnant autour de la lumière.
On s’attendait à s’enfoncer dans les soubassements de la cybercriminalité crasse. A frôler la manche d’un ou deux trolls venus chercher l’inspiration de leur prochaine infamie. Et puis non. Une exposition proprette, presque conçue comme un exposé de 6ème, avec d’immenses frises chronologiques thématiques : le code et le corps (notre préférée, qui retrace l’histoire des rapports entre danse et informatique depuis 1880), le code et la littérature, le code et l’architecture…On en ressort hypnotisés.
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