Les expos de la semaine : 12-18 novembre

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Selon une étude tout à fait (in)discutable, l'individu moyen (le petit et le grand aussi cela dit) resterait devant une œuvre entre 2 et 30 secondes avant de passer à la suivante. Soit sans doute moins que l'individu chevelu (pas le chauve, cela dit) pour choisir un shampoing ultra-volume au rayon capillaire.

Conclusion : Assiste-t-on à une muséification de la supérette, ou à une supérettisation du musée ? Vous avez 2 secondes.
Rinpa, Rinpera pas ? L’avantage avec la déferlante Japonismes 2018, c’est qu’aucun détail de la culture artistique nippone ne nous aura échappé. La conséquence, c’est qu’on ne pourra plus voir le bout d’un objet vaguement japonais en peinture à partir du 1er janvier sans avoir la nausée.

Mais un petit dernier pour la route : les trésors de Kyoto, et plus précisément du mouvement Rinpa, école unique en son genre, dont les délicats panneaux de feuilles d’or s’inspirent de la nature, et voilà qu’on se prend à avoir la larme à l’œil devant une branche de prunier et à frissonner devant une sente au lierre…
Ce qui chiffonne Béa, c’est le peu de temps que l’on passe devant chaque œuvre, seul ou collectivement, alors que c’est tout de même pas compliqué de se laisser aller à la contemplation, nom de dieu ! Alors elle met le paquet : performances anti-spectaculaires qui forcent à la concentration, sculptures placebo et pièces “assistantes” vues de… derrière. Oui, c’est intello, mais on s’est bien marré. Comme quoi.

N.B : C'est à Noisy, mais faut sortir un peu, t'es tout pâle.
A 40 ans, certains sont déjà en train de faire le compte à rebours avant la retraite sur leurs petits doigts potelés. D’autres ont déjà derrière eux une œuvre majeure, comme le vénéré Riad Sattouf.

Croquis, calques, matériaux de travail, éditions originales, coupures de presse, photos, objets personnels, extraits de film, on déambule dans les allées avec la sensation d’entrer chez lui, et on ressort de là avec trois envies concurrentes : Acheter le tome 4. Que Sattouf devienne notre copain. Retomber en adolescence.
Polaroid. n.m : moyen diabolique d’immortaliser une situation peu avantageuse en cas d’ébriété crasse et autre fête de famille où on a été forcé de porter un chapeau en feutrine bicolore. Mais aussi et surtout : seul cliché absolument unique, utilisé par les photographes d’antan (aka il y a encore 20 ans de ça) pour préparer le cliché suivant, le vrai, l’exposable, le futur exposé, le glorieux, le reproductible.

Par les dentistes, les médecins, la police. On n’y avait jamais vraiment pensé. Alors la Galerie de la voûte fait remonter sur le podium une série de clichés émouvants, drôles, étranges, intimes… Une riche idée, cet instantané.
Le 20ème est en émoi. Une armée de photographes monte sur la Plateforme à l’occasion de la biennale de l’image tangible.

Parmi nos petits favoris figurent : Edouard Burgeat, à peine 30 piges au compteur, photographe et sculpteur, imprimant ses clichés sur des blocs de marbre brisé ramené d’Inde. Janaina Wagner et ses photos de paysage aux titres étranges, et Bucarest en période de fêtes - on a rarement vu plus badant en terme de sujet - superbement photographiée par Clarisse Tranchard.
Il n’est jamais trop tard pour se rabibocher. Symbole par excellence des relations tendax que la France entretenait avec la Russie à l’époque de Napoléon, la superbe collection de l’italien Giampietro Campana, divisée entre le Musée du Louvre et le Musée de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg reprend ses quartiers d’automne à Paris pour quelques mois.

Une belle occasion de découvrir le fameux sarcophage des époux, les sculptures énigmatiques du céramiste Della Robbia, et les goûts un peu spéciaux de ce drôle d’oiseau de Campana, féru de faux et de pastiches.
Au secours, derniers jours !
On a beau pester autour des icônes de mode broyeuses d’égo, faut bien avouer qu’on rechute à chaque bon vieux cliché d’une Kate Moss, Béatrice Dalle ou toute autre femme exerçant autant d’attraction qu’un aimant chauffé à blanc.

Dernier jour ? Le 28 novembre !
Dire qu'on y a cru, bien trop longtemps, à cette figure de l'artiste frappé par la foudre de l'inspiration divine dans l'obscurité de son petit atelier. Dans notre imaginaire facile, le peintre n'a pas de vessie, le plasticien n'a pas d'estomac, et le photographe ne se gratte pas l'entrejambe.

Et puis Nathan Hylden est arrivé. Il a fait de son travail un prétexte pour nous montrer l'envers du décor de la vie d'artiste.

Dernier jour ? Le 17 novembre !
Si la France se défend plutôt bien avec sa porcelaine et ses (crêpes) dentelles, faut bien avouer que le Japon fait littéralement exploser le compteur, à en juger par ces trois ateliers mis à l'honneur à l'espace Densan : renversantes céramiques de Bizen, tapisseries de soie grattées à l'ongle en dents de scie (on croit rêver), soieries à petits motifs imprimés à l'aide de minuscules pochoirs en papier… A côté de ça, on n'a pas l'air bien fin.

Dernier jour ? Le 15 novembre !
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