Les expos de la semaine : 11-17 décembre

Mettre en favoris
“La beauté est dans l'œil de celui qui regarde” disait Oscar Wilde. On a un respect infini pour cet esthète de tous les esthètes, ce dandy de tous les dandys mais on doit, ici, poser notre désaccord. Cette semaine la beauté est partout dans cette liste, des barbes de Gilbert & Georges aux piétons de L.A de Lise Sarfati, la Beauté ne sera dans ton œil que si tu vas voir ces expos.
Les Dupont & Dupond de l’art contemporain britannique, Gilbert & George, sont de retours à Paris avec leur nouvel expo et… c’est un poil mordant. À chaque œuvre, le duo porte une nouvelle barbe - barbe à lapins, barbe en grillage, en mousse, en fleurs, feuilles, poulpes, clous, etc - chacune chargée de symboliques, aussi bien religieuses que témoignages de l’époque. C’est super pop et toujours installé entre vitrail et graphisme.
Toi, tu aimes à dénicher des visages humains dans les formes végétales ou minérales de la nature (et ce, sans usage d’hallucinogènes). Bien, saches que le photographe Claude Mollard en a fait son corps de travail (depuis 40 ans). En Europe, Asie, Amérique, l’artiste a braqué son objectif partout où il pouvait débusquer un visage d’homme. Une bonne surprise et une nouvelle dimension dans l’art du portrait.
Lise Sarfati était un des highlights de Paris Photo et il est donc grand temps que tu ailles jeter un œil sur son travail. À la frontière (FLOUE) entre pratique documentaire et plastique, la série “Oh Man” de Lise Sarfati présente 17 photos - à la lumière fabuleuse, capturant, STATUFIANT, dans downtown L.A des marcheurs. De la sculpture en photo, finalement.
Disparu il y a trois ans, Harun Farocki est considéré comme un des plus grands cinéastes (et penseurs de l’image) des temps modernes et demeure étrangement méconnu. C’est cette injustice que tient à réparer le Centre Pompidou avec cette expo où l’on croise douze vidéos et installations issues des trente dernières années du réalisateur allemand. L’occasion de découvrir l’étendue de la réflexion critique du cinéaste sur les images contemporaines et leur manipulation.
L’idée est si simple que l’on s’étonne que personne n’y ait pensé avant. Le “Double Jeu”, c’est une transgression très simple : l’idée de peindre des côtés de la toile. Outre faire chier son galeriste, l’ambition de Bernard Bousquet est ici de questionner le tableau en tant qu’objet et de chercher une nouvelle part de mystère dans la peinture.
Le “japonisme” est une invention du critique d'art Philippe Burty à la fin du XIXe qualifiant l’attrait du public français de l’époque pour l’art déco japonais. La présente expo retrace les liens entre notre pays et le Japon avant l’apparition du terme. Via porcelaines, estampes, nacres, livres, maquettes, laques, imprimés ou photos, cette présentation raconte notre éveil à l’exquis raffinement japonais, des kimonos à la délicatesse extrême d’Hokusai.
Que tu sois sensible ou non aux choses du design scandinave, “L’élégance danoise” ça doit te parler forcément un minimum. Et si ça n’est pas le cas, cette expo Helle Damkjaer à la Galerie Carole Decombe sera une délicate première approche. Céramiste danoise - bardée de prix - résidant en France, on trouve dans cette expo un vrai câlin pour le regard : lignes délicates, tons patinés et mats et minimalisme aussi sobre qu’efficace.
Daho ou “Le Parrain de la nouvelle génération” se voit enfin célébré par une expo à la Cité de la Musique. Enfin… À vrai dire, c’est moins une expo “sur” qu’une expo “par” Daho, la présentation proposant de suivre quarante ans de pop française via le regard d’un architecte du genre. En quelques 200 photographies, l’Histoire de la pop nationale se réécrit de manière intimiste.
Fait avec amour. Copyright Dojo 2016. Tous droits réservés