Les expos de la semaine : 10-16 décembre

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Allons enfants de l’arty, le jour de voir est arrivé. De voir quoi ? Ce que la scène muséale et galerine à de mieux à offrir en ce mi-décembre survolté.

Et cette semaine, point de ligne directrice, du grand écart, de la souplesse à faire pâlir une gymnaste olympique, parce qu’il faut bien trouver chaque jour une raison valable d’enfiler une culotte et de se confronter au monde extérieur.
Plutôt que d’aller se mettre en rang d’oignons devant le Centre Pompidou, mieux vaut aller piquer une petite tête à la galerie Templon. Atul Dodiya n’est sans doute pas l’artiste dont on se vante d’être allé voir l’expo le lundi matin en buvant son café, et pourtant, ce pape du mélange entre art indien et occidental en a sous la pédale.

On commence par un extrait de film de la Dolce Vita de Fellini, qui annonce d’emblée le thème décliné sur les couloirs suivants : en est-ce fini de la belle vie, et qu’est-on exactement en train de perdre ?
On l’a fait exprès. On a attendu la dernière semaine pour te mettre un petit coup de pression et te forcer à pousser le vice jusqu’à Ivry. Shimabuku est un drôle de nippon, dont l’œuvre mérite d’être mirette au moins une fois dans sa vie. Son dada ? Essayer de faire correspondre des lieux, des hommes et des créatures de préférence sub-aquatiques.

Barré, mais complètement fascinant.
Tout le monde en parle. Si, tout le monde. Pas de quoi en faire une expo ? Erreur. Si l’on s’écarte un peu de la perspective d’un vernissage prout-prout avec champagne et bouche pincée, cet hommage à notre microbiote - aka 100 000 milliards de microbes qui vivent leur petite vie fongique dans notre intestin - est tout bonnement l’un des plus grands rendez-vous du mois de décembre.
Il y a bien moins douloureux qu’une redescente de LSD. Et beaucoup plus accessible en métro. La 193 Gallery a beau ne pas toujours être en tête de gondole des expos du moment, on peut difficilement passer outre cette invitation lancée à la fine fleur psychédélique de l’art pop japonais : hilarants imprimés camouflages tons sur tons de Yayoi Kusama, marguerites multicolores signées Takashi Murakami, hypnotisantes taches jetées aux murs d’Ushio Shinohara…

De quoi se sentir comme un gros bourdon excité par un trop-plein de nuances chromatiques. Et ça fait du bien.
Yusuf Sevinçli est turc, trentenaire, et pas forcément le premier des boute-en-trains. Non pas qu’on le connaisse personnellement, mais la mélancolie qui se dégage de chacun de ses clichés en dit long sur le tempérament du bonhomme. Des noirs profonds, des paysages torturés, un cygne sur un lac renversant, des nus sensuels à moitié dévoilé…

Si le titre fait - à tort - penser à un casque VR, il n’en est rien. On est saisi dès le premier instant, tel un lapin dans les phares, avide de passer au cliché suivant.
Un petit air d’harmonica, un plan de caméra resserré sur un flingue, un autre sur les yeux de braise de Clint Eastwood… plus de doutes, nous voilà dans un film du plus américain des réalisateurs italiens : Sergio Leone.

Aussi popu qu’artiste, Leone a marqué l’histoire du western - et pas que, la nôtre ayant été aussi fortement impactée. Avec le mythique « Il était une fois dans l’Ouest » qui souffle cette année ses 50 bougies, la Cinémathèque lui rend un hommage bien mérité.
Au secours, derniers jours !
Nul besoin d'être un crack en matière d'architecture pour se fendre d'une petite visite d'agrément au Centre Pompidou à l'occasion de cette monumentale rétrospective Tadao Ando. Contrairement à ce qu'en dira monsieur le commissaire, on a tout à fait le droit de se foutre de l'usage du béton lisse et de "l'intensité de l'expérience corporelle" générée par le bâtiment.

On a en revanche le droit de s'émouvoir devant la finesse de ses dessins, la minutie de ses maquettes, et la façon dont cet architecte de génie réussit à faire entrer le végétal dans chacune de ses constructions, comme si la nature l'avait engendrée elle-même.

Dernier jour ? Le 31 décembre !
Sans titre, les clichés de Dave Heath figent des inconnus croisés au hasard, tous plongés dans leurs pensées, leur conscience “tournée vers elle-même”. Et alors même que le noir et blanc ne nous bouleversait plus depuis belle lurette, notre visage commence à fondre face à ce couple au regard inquiet, cette femme Noire fuyant l’objectif, ce soldat qui semble en avoir vue de belles…

On en frissonne encore.

Dernier jour ? Le 23 décembre !
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