Baise en ville : 20-26 septembre

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Toute relation mérite salaire. Encore faut-il savoir éviter les mauvais-coucheurs, les mangeurs de flocons d'avoine à sec et les abonnés à CRS magazine. Et surtout : miser sur le bon cheval. Mais avant toute chose, un toilettage s'impose.
L'originalité tue, c'est écrit sur le paquet, et l'amour ne tient pourtant qu'à un cheveu. Or en matière capillaire les naufrages sont légions : calvitie, permanente, mèches, bigoudis vibrants (!) ont mené nombre de couples à l'abattoir.

Mais chez WTF, on demande une Pilea et un "retour de plage". Une Monstera et un man bun. Une Oxalys et une ondulation toastée. De quoi s'offrir une nouvelle tête auprès de laquelle battre des cils chaque matin, sans avoir à se taper le changement de nom sur la boîte aux lettres.
On ne rate jamais assez bien. Ou plutôt, on hésite à trop rater. Alors on reste là, à attendre que la vie passe sans mettre le petit doigt de pied dans l’engrenage, à supporter les habitudes d'un individu en friche qui se trouve partager nos factures. À quoi bon ?

L’échec est père de vertu, et ce n’est pas le philosophe et essayiste Charles Pépin qui raterait une occasion de nous faire entrer ça dans le crâne.
Les parcs se vident. Mais on y trouve encore quelques baveux hurlants passés entre les mailles du filet de la rentrée des classes et quelques tenants d'un troisième âge féru de gymnastique, déstabilisateurs potentiels de tout rendez-vous dans les fourrés.

Alors qu'il suffisait simplement de se trouver un jardinet à l'abri des empêcheurs de baiser en rond, une terrasse où faire le point sur la suite des opérations.
Rien que d'y penser, c'est la grande sécheresse de 76 dans le fond des slips. Passer dans le clan des amateurs de whisky, c'est accepter que la ménopause frappe à la porte, que le Viagra n'est plus très loin, que le sonotone est en cours d'expédition. Et pourtant. Whisky rime avec sexy, gentil, exquis, monoski et zakouski. Et c'est tout ce qui compte.
Massale et mon porc sont dans un paquebot. Mon porc tombe à l'eau. Et nous voilà encore sur le point de manger dehors. On a pourtant tenté de résister, d'élever notre esprit à de plus nobles considérations, d'imaginer Cyril Lignac et Ducasse en porte-jarretelles, de nous détourner une bonne fois pour toute de cette frénésie culinaro-chic qui nous pousse encore et toujours à de fâcheuses extrémités financières.

Cela dit, on aura tout le temps de réchauffer nos macaronis une fois que tout sera fini.
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