Baise-en-ville : 15-21 novembre

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Ca commence à sentir le sapin. Plus qu’un mois avant l’hiver, et personne pour nous chauffer la couette. Personne pour nous faire bouillir la tisane. Pour nous détricoter le chandail. Va encore falloir carburer comme une vieille chaudière pour trouver quelqu’un, là, maintenant, capable d’allumer un feu sans allumette et toujours partant pour se griller une chataîgne ou deux.

Et y’a pas mille endroits où trouver. Car oui, il existe des lieux où tout le monde est beau, avec ou sans coup dans le nez.

La traversée du désert, ça on connaît. Mais à l’inverse, vivre d’amour et d’eau fraîche n’est rien sinon l’annonce d’une mort prochaine et douloureuse. En revanche, le sens du partage est une denrée rare. C’est donc le moment où jamais d’en passer par l’étape ultime du don de soi, à savoir une flopée de petites assiettes à partager avant de passer à l’étage. On n’en dira pas davantage. Tutt tutt. On a dit non.
“Rendez-vous devant le Hoxton. Parfaitement bijou. Non, inutile de prendre ta grenouillère. Oui, du fil dentaire, pourquoi pas, écoute tu commences vraiment à me briser la noisette. Oublie. Bon. 19h?”

Au terme de cette conversation, soit on décide en son âme et conscience que le fait d’entendre le coït des voisins du dessus est une forme très avantageuse de sexe sans aucun risque de coup du lapin, qu’on est finalement bien touché que par soi-même, que… houla, déjà 18h50 ?
Parce que la galerie Perrotin concentre les 3/4 de la beauté parisienne (et on ne parle pas d'art), que cette expo est l'occasion ou jamais de se faire tatouer un Calle-me sur la partie charnue du cuissot, qu'il s'agit vaguement d'un hommage à une chatte disparue, que le sujet est donc propice à la blague, au mot d'esprit, à quelque chose qui nous rendra enfin désirable, même sous une lumière au néon.

Et c'est déjà pas rien.
Il y a pire qu’un week-end en Meurthe et Moselle : les blancs dans la conversation, étape incontournable avant de passer dans le camp des intimes qui n’ont plus rien à se dire (mais se rassurent en faisant passer ça pour de la complicité).

Afin d’éviter de se retrouver à devoir raconter des trucs qu’on risque fort de regretter (exemple : la dernière fois qu’on a acheté des capotes, c’était en franc, oui madame), mieux vaut aller dans un endroit où la musique l’emporte haut la (me)not(t)te.
Il fut une époque où la bienséance nous obligeait encore à niquer à 19h55, juste avant le JT, alors qu’on se serait davantage tapé un petit sandwich à la truite fumée que l’individu qui avait l’immense déshonneur de partager notre couche. Bon débarras. Mais ça va faire 5 ans. Depuis, on a raté aucun journal et on sent le poisson. On regrette. Reviens. Allons dîner. 10 plats, c'est ce qu'il nous faut pour rallumer la mèche.
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