Baise en ville : 14 au 20 juin

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Ca y est. Tu penses avoir trouvé. Une bitte d’amarrage à laquelle raccrocher ton petit navire. Un joyau au milieu d’un champ de rutabagas. Ça a pris le temps, mais en le/la voyant ce fut une évidence : qui d’autre qu’un être exceptionnel pourrait manger sa tranche de pâté avec autant de désinvolture ? Porter une gourmette sans se prendre une flèche dans le dos au premier croisement ? Personne. Un individu unique à (ton) usage multiple, enfin.

Mais pour que l’idylle naissante ne finisse pas une fois de plus en bouquet de pleurs, va falloir travailler sa monture.
Tout est bon dans le cochon, surtout à l’espace des salaisons. Pas besoin de filer la métaphore charcutière, on parle ici du Salon de l’esquisse érotique, et le premier qui fait une blague est un Salo. Une deuxième édition qu'on attendait tapis dans l'ombre comme de vieux satyres depuis près d'un an.

L'occasion unique de décoincer n'importe quelle libido racornie par un slip trop petit.
"Ce soir, on dîne chez Robert" est une des injonctions les plus dévastatrices de tout début de relation encore frivole. "Mais c'est qui ce Robert ? Tut tut, tu verras, bijou, fais moi confiance.". Alors certes, le prénom a pris un sacré coup dans l'aile ces 50 dernières années, évoque encore davantage un routier perdu sur une aire d'autoroute de Seine et Marne qu'un bistrot chic, mais le voilà enfin ressorti de la commode, à peine troué par les mites.

Robert, c'est d'abord son physique qui nous a tapé dans l'œil. Et tout le reste : Gnocchis maison au boudin noir, champignons shitake et cochon fermier croustillant. Panna cotta aérienne à la fleur de sureau. Robert forever.
Square Montholon, ça rime avec mignon, oisillons, portillon, papillon, gravillons et rhododendrons. On y va pour s’asseoir sur un banc et regarder la vie se faire la malle, pour parler de l’absence de saison ou demander à son voisin de siège cruciverbiste ce qu’il pense de l’éradication des thuyas, pour déambuler dans ses petits carrés de verdure, sentir l’odeur de la pelouse fauchée dans la fleur de l'âge…

Et se débarrasser illico de toute velléité chafouine avant d'aller voir de quel bois se chauffe l'arrière des fourrés.
C’est juste un avertissement. Une petite allusion primesautière à ce que tu serais capable de commettre à la moindre entourloupe. Moins drôle qu’une fourchette en plastique dans l’œil, mais indéniablement plus élégant. Un coup d'opinel dans le ventricule et hop, c’est reparti pour un tour (en prison).

Pour son deuxième long métrage, Yann Gonzalez n'a pas fait dans la dentelle ni dans le froufrou : il a opté pour un thriller queer couleurs néons. 1979, Paris : Anne (aka Paradis), productrice de films pornos gays, se fait larguer par sa monteuse. Tout un programme.
Avant que votre amourette (et non pas vos amourettes, qui sont un tout autre sujet) ne tombe en désuétude, avant que le quotidien devienne aussi confortable et planplan qu’un cache-bonbons trop large, faites en sorte de cocher quelques cases de la longue liste des hauts lieux où voir et être vus.

Le Perchoir de l’Est en est un. Commençons par là.
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