Baise en ville : 12-18 juillet

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Autre temps, autres mœurs. L’époque bénie-oui-oui où l’humanité se divisait en deux est révolue. D’un côté, les porteuses d’ovaires expertes en point de croix, de l’autre, les propriétaires de testicules amateurs d’armures. Chacun s’ébrouait dans son petit enclos mental et se flattait la noisette dans le secret des alcôves en attendant les noces.

Et puis paf, en deux temps trois coups de reins, on sait plus. Frédégonde a défoncé la barrière et Childéric a commencé à porter du fushia. Va falloir s’adapter.
2018, année de la b…, du coït et de l'inuit (ou comment recycler notre grivoiserie du jour de l'an à la mi-juillet). 2018, donc, déjà bien entamée, déjà presque finie, et pas l'ombre d'une fantaisie dans le fond de la culotte, alors même qu'une déferlante d'ateliers sexes s'est abattue sur la ville.

Aucune excuse pour botter en couche. Ce soir, le triolisme est sous les feux de la rampe à levrette.
Nouilles ceintures. Encore un coup des cordonniers chinois. Encore une énième pratique obscure importée d’Asie. Encore une preuve de la déliquescence des valeurs et du triomphe de l’hermaphrodisme moral. Mais aussi un bel hommage au vermicelle, au jet de sauce, à l’éclaboussement en règle sur tee-shirt immaculé, encore une expérience culinaire tellement giclante que les textiles s’en souviennent.
Même les albums de photos de famille ne sont plus épargnés. Où va-t-on, lorsqu’on commence à ressortir des clichés de son père en tenue d’Adam, à barbouiller les négatifs de sa propre hémoglobine, à dévoiler sans vergogne l’intimité de son giron histoire de se faire une place dans le milieu de l’art ?

A la galerie Miranda, pour une expo aussi rose et gonflée que les fesses d’un juilletiste.
Si seulement une petite éponge pouvait se glisser quelque part dans nos profondeurs, histoire de pouvoir goûter l’une après l’autre chacune des références natures alignées sur les étagères de ce petit troquet sans risquer de repartir en titubant comme une dinde au réveil.

Si seulement on était aussi heureux en couche qu’à cet instant précis, voyant passer belles miches dorées suppliantes et autres burratas alanguie. Si seulement.
Saison des chaleurs aidant, toutes ces considérations t’ont laissé complètement épuisette. Ce que tu veux, c’est juste une belle histoire de culte et d'eau fraîche. Ça tombe bien, le rooftop du Molitor te propose de t’enfiler cocktail sur cocktail mi-allongé sur un transat en or massif (à vérifier, mais fort probable).

Un lieu de chasse, pêche et tradition, pour faire moderne sans desserrer son cul de poule. L’honneur est sauf.
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